Mon dessin,en relation avec mon thème « exprimer l’ineffable »,exploite le concept de la pression mentale. Une émotion souvent complexe à exprimer et verbaliser,bien que beaucoup d’entre nous la ressentirons au cours de nos vies… En effet,puisque la pression mentale peut s’articuler à partir de mesures individuelles comme collective. Elle peut-être la pression mentale que l’on s’impose afin de mener à bien notre objectif,comme la pression mentale que nous confère notre environnement de vie, de travail… La pression mentale s’impose à nous,peut toucher n’importe qui d’entre nous. Comme toute émotion,elle ne prend pas en compte la personne que nous sommes,notre statut sociale,ou quoique ce soit d’autres nous définissant comme un être individuel,different des autres. Elle ne fait littéralement aucune d’exception.
Dans cette production, j’ai tenté d’exprimer la pression mentale par le biais de l’art. Que ce soit par l’expression textuelle ou visuelle, j’essaye ici de rendre visible cette émotion de l’ordre de l’ineffable. Chacun de ces éléments exprime une facette différente de cette émotion omniprésente.
Tout d’abord, nous pouvons parler des ombres se trouvant au dos du protagoniste. Ces ombres, empruntant la silhouette de figures autoritaires(comme des parents par exemple)traduisent la pression que ces figures peuvent nous faire ressentir. Les parents,voulant que leur fils réussisse sa vie à son tour,engendrent une pression qui peut par moment s’avérer incommensurable. Il en est de même pour les employeurs qui,voulant le bien-être de leurs entreprises,peuvent parfois surmener leurs salariés. Ces silhouettes sont représentées comme des ombres pour souligner que le protagoniste doit se conformer aux fonctions d’usage qui lui sont assignés.
Cette image d’ombre met en lumière l’ambiguïté de l’identité du personnage : est-il lui-même ou n’est-il qu’une ombre parmi d’autres, un rouage dans un engrenage qui le dépasse ? En perdant de vue sa propre individualité, le protagoniste se retrouve réduit à un rôle imposé, sans distinction entre sa véritable identité et l’image qu’il doit incarner. En outre,l’image métaphorique de l’ombre peut également être synonyme de souffrance.
Ensuite,nous pouvons nous attarder au texte rédigé par mes soins,mettant en lumière l’intériorité du personnage. En effet,il agit comme un miroir de ces pensées. Ce texte de rap,étant le témoin de ces états d’âmes,met en évidence la pression que le personnage s’impose pour perfectionner son art. Bien que cette pression puisse lui être bénéfique et l’aider à s’améliorer,elle peut aussi être contreproductive. Effectivement,puisqu’en mettant constamment la barre plus haute,en voulant toujours tirer le meilleur de soi-même,on en devient parfois trop exigeant et n’arrivons à rien. En visant trop haut,il nous arrive parfois d’arriver au plus bas. La pression mentale n’est donc pas toujours d’origine extérieure,elle peut naître de nos attentes personnelles,notre ambition. Cette idée apparaît notamment lorsque je dis « Tant sévère avec moi-même/J’en ai perdu tant des vers,tant des textes ». On peut également parler de la pression que ressent le personnage vis-à-vis des autres lorsqu’il dit « Tas de déception s’amène,s’émane de moi,que mes proches doivent intercepter »,le personnage n’ayant que très peu d’estime pour lui-même,semble en plus de ça avoir peur de décevoir les autres/son entourage. De surcroît,les métaphores et comparaison apparaissant dans le texte nous font part de la souffrance qu’éprouve ce dernier. Souffrance provenant donc de son rythme de vie mais aussi,de cette pression. La comparaison à la mandaratoxine présente dans « Le chemin de la vie est long,je demande un raccourci/Je meurs de l’intérieur comme si j’avais de la mandaratoxine » met en exergue la souffrance intérieure que ressent le personnage. La mandaratoxine étant un venin très puissant provenant de plusieurs animaux comme notamment des serpents. Ce venin neurotoxique est connu comme étant très puissant et a pour effet de paralyser progressivement celui n’ayant pas pris de traitement. La comparaison stylistique nous fait donc part de la souffrance mentale qu’éprouve ce protagoniste,et de ce qu’elle peut en découler (l’apathie par exemple). La pression mentale insuffle une souffrance si intense qu’elle peut parfois remettre en doute la valeur qu’on accorde à notre propre personne. Par ailleurs,le fait que le texte soit représenté au dessus des ombres n’est pas un détail anodin laissé là par hasard. Ici,je fais véhiculer l’idée que l’art prime sur cette souffrance. En effet,puisque de cette souffrance naît l’inspiration du jeune homme. Bien qu’elle soit source de préoccupation,elle reste tout de même une ressource pour l’artiste.
Pour finir,nous pouvons nous pencher sur le second personnage figurant sur la cerne du protagoniste de façon symbolique. Il incarne une forme de pression liée aux relations interpersonnelles, notamment celles où l’on investit énormément d’énergie et de temps, parfois au détriment de soi-même. En effet,les sentiments que l’on éprouve pour quelqu’un peut eux aussi être source de pression. Ce qui pourrait sembler être un simple détail visuel est alors un symbole illustrant les sacrifices que l’on peut faire par amour ou par attachement, comme des nuits sans sommeil ou un épuisement mental. De plus,le personnage représenté en blanc,est neutre. C’est à dire qu’il est volontairement dénué de genre spécifique,il peut aussi bien être une femme qu’un homme. Il peut aussi bien symboliser la relation « toxique »que l’on entretient avec un ami qu’avec une personne dont on est amoureux. Le personnage blanc devient alors une page vide,une surface d’interprétation que le spectateur est invité à remplir par sa propre expérience.
En conclusion, nous pouvons dire que cette œuvre explore la pression mentale sous ses différentes formes, qu’elle soit personnelle, sociale ou relationnelle. En mêlant texte et image, j’ai cherché à exprimer une émotion difficile à verbaliser, mais pourtant universelle. Chaque élément invite le spectateur à réfléchir à sa propre expérience, transformant cette création en un espace d’interprétation et de partage.
Projet d’exposition :
Pour mon projet d’exposition, j’imagine deux pièces bien précises. L’une serait une white box servant de « salle d’attente », tandis que l’autre serait une black box abritant mon œuvre.
La white box serait une longue pièce pouvant accueillir plusieurs personnes à la fois. Plusieurs spots seraient disposés au sol, le long des deux murs respectifs. Ceux-ci, au-delà d’éclairer la pièce, diviseraient l’ombre des spectateurs sur les murs. En effet, étant éclairés des deux côtés à la fois, ils projetteraient des ombres sur les murs, faisant écho aux deux ombres figurant au dos du protagoniste de ma production. Cela apporterait ainsi une dimension immersive à mon œuvre. Il y aurait également quatre enceintes suspendues dans les quatre coins du plafond. Celles-ci diffuseraient mon texte sous forme de musique, interprétée par mes soins. Au-delà de combler le vide de l’attente, cette musique permettrait aux spectateurs d’avoir un avant-goût de ce qui se cache derrière la porte donnant sur la black box, la pièce qui abrite ma production.
Lorsque les spectateurs entreront dans la black box, soit la pièce principale, ils se rendront compte de l’insonorité marquante de l’espace. En effet, contrairement à la white box, où l’on peut entendre de la musique, la black box est ici submergée dans le silence. Ce contraste marque une véritable transition, une entrée dans un monde différent du nôtre. Pour créer cet effet, des murs acoustiques noirs seront fixés aux parois de la pièce. Les spectateurs ne pourront entrer que par petits groupes, les autres étant invités à patienter dans la white box. Chaque groupe entrera à des intervalles de 10 à 15 minutes.
Il est également important de noter que, dès son entrée, les yeux du spectateur seront immédiatement attiré par mon œuvre, car elle sera placée face à l’entrée, sur le mur en face de lui. Un spot au sol mettra en lumière la production. Un scotch( de couleur sobres mais visible) sera posé autour du spot pour indiquer clairement l’espace à respecter, afin d’éviter toute entrave à l’œuvre. Les spectateurs devront faire le tour de ce spot, sans se tenir devant, pour pouvoir observer l’œuvre en détail sans lui faire d’ombre. Ce placement de la lumière n’est pas anodin : dans ma production, la lumière provient également de face et légèrement du bas, comme le laissent supposer les ombres situées derrière le protagoniste (elles sont légèrement plus hautes que le personnage). Le spot reprend donc ce motif et s’inscrit dans la continuité de l’œuvre.
Un cartel à l’entrée de la pièce informera également les spectateurs de la présence du spot. La lumière blanche,provenant du spot,permettait donc d’éclairer chaque détail de ma production . Comme les spectateurs pourront s’approcher de celle-ci,ils pourront lui porter un regard très attentif (il pourra donc remarquer le petit personnage symbolique présent à l’œil droit du protagoniste,ayant une signification très profonde dans la production). À noter qu’elle serait également représentée dans un très grand format et protégé par un cadre.
La disparition d’une personne que l’on aime profondément peut créer un vide immense dans nos vies. En effet, c’est comme si une partie de nous mêmes était partie avec elle,laissant place à une absence de goûts,de couleurs. La vie qui semblait pourtant si agréable devient soudainement beaucoup plus terne,accablante. bien que cette personne soit absente,les souvenirs,eux,sont présents.
Et aussi étrange que cela puisse paraître les souvenirs heureux partagés avec cette personne si spécial,deviennent à la fois source de douleur et de réconfort.
Chaque jour nous nous réveillons sans nécessairement en ressentir l’envie de le faire,chaque jour,nous nous levons avec le poids de son absence. Toutes ses activités qui avant nous rendaient heureux perdent leur saveur.
J’ai voulu parler de ce sujet dû au fait que c’est une souffrance que beaucoup d’entre nous(je pense)ont vécu ou vivront dans le futur. Les personnages représentés n’ont pas de visage,de signes distinctifs,non pas par raison esthétique,mais pour que chacun d’entre vous observant mon dessin puissiez mieux vous identifier. La douleur n’a pas d’ethnie,elle est universelle,elle transcende les frontières et les différences(à méditer). La femme est représentée en rose dû au fait que cette couleur se rapporte à l’amour mais aussi l’enfance. Effectivement,elle est,pour l’homme à ses côtés,la source de tout bonheur,elle est ce qu’il le rends profondément heureux et épanoui(ce dernier ne se suffisant pas). Il se retrouve face à elle comme étant enfant,comme si sa vie après sa rencontre avait réellement commencé… Dans le reflet du miroir,on le retrouve seul,marquant le départ de cette femme ainsi que de sa joie. Le vide fait ici surface (représenté par l’absence de couleur)
J’imagine cette production seule,dans une petite salle coloré d’une couleur pastel(plus précisément le bleue pastel utilisée pour coloré le fonds de mon dessin),dû au faite que les couleurs pastel d’apparence douce et délicate se rapporte souvent à l’enfance. Elles évoquent souvent des souvenirs de douceur,ce qui fait clairement écho à ceux partagés avec cette fille.